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13/04/2007 Une chaîne" made in France " sur le câble américain

Une chaîne " made in France " sur le câble américain
Kabillion, l'une des dernières " chaînes " de vidéo à la demande (VOD) lancée mi-janvier par Comcast, le premier réseau câblé américain, a été créée à l'initiative de Moonscoop, un producteur français spécialisé dans les dessins animés. Pour faire son trou sur le câble américain, le " frenchy " n'a rien laissé au hasard : Kabillion est dirigée par Bill Shultz, l'ex-producteur des Simpsons, qui est l'un des dirigeants de Mike Young Productions (Myp), l'un des premiers producteurs indépendants d'animation à Los Angeles dont Moonscoop a pris le contrôle il y a deux ans.

Fondée au début des années 90 par deux frères, Christophe et Benoît di Sabatino (sous le nom d'Antefilms), Moonscoop s'est notamment fait connaître en rachetant en 2003 France Animation, l'une des premières sociétés de production d'animation françaises, à France Télécom. Moonscoop affiche aujourd'hui un catalogue de 3.000 épisodes d'une demi-heure avec des adaptations phares comme " Titeuf ", " Casper " ou " les 4 Fantastiques ". " Comcast y a vu une alternative à proposer à ses abonnés à côté des offres de vidéo à la demande des grandes marques américaines d'animation comme Nickelodeon ou Cartoon Network ", raconte Christophe di Sabatino, dirigeant de Moonscoop. Le producteur français n'est pas un inconnu aux États-Unis : quelques-unes de ses séries y ont conquis les enfants sur les chaînes du câble ; l'un de ses programmes phares, " Code Lyoko ", est en diffusion depuis trois ans sur Cartoon Network, où elle réalise le 3e score d'audience chez les 6-11 ans.

PROPOSER DES JEUX

Kabillion est proposé aux abonnés Comcast gratuitement : une publicité, dont les revenus reviennent intégralement à la chaîne, est diffusée en début et fin du programme choisi. La chaîne a un site Internet, et propose aussi des clips, des jeux... L'an prochain, Kabillion prévoit de réaliser 7 millions de dollars de recettes, pour un coût de fonctionnement de 5 millions. Christophe di Sabatino justifie sa démarche : " Pour l'instant, il s'agit de comprendre la façon dont les enfants consomment les programmes jeunesse, de répondre à leur demande de partage, que révèle l'explosion des sites vidéo comme YouTube, MySpace... À ce stade, c'est du développement. " Mais il est sûr que cela deviendra significatif pour sa société qui réalisera cette année 72 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 350 personnes dont une dizaine, à Angoulême, se consacrent à l'édition de contenus pour les nouveaux médias.

En France, Moonscoop a joint son catalogue à celui d'autres producteurs d'animation, dans une offre de VOD sur la TV d'Orange, Zooloo Kids. Le modèle économique est ici payant, avec un partage des recettes entre Zooloo Kids, les producteurs et l'opérateur. Il a aussi lancé Taffy Channel qui offre séries en VOD, jeux et contenus communautaires, aux abonnés de Neuf Cegetel, Bouygues Télécom...
La Tribune (France)

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